Un Petit Objet littéraire au statut et à l’histoire un peu étranges


Présentation d’un livre jamais publié :
Le Titre est 80°

Ce texte, concocté en 2001, au fil de mes trajets en métro ou ailleurs, est le fruit d’une commande du poète français Manuel Joseph (voir la notice de la Bibliothèque Nationale de France). Issu du mouvement du néo-cut-up en France, Manuel Joseph s’était fait connaître dès sa première publication avec Heroes are Heroes are Heroes paru en 1994 chez P.O.L. qui devint son éditeur attitré.

Extraits de Amilka aime Pesoa, P.O.L., 2002, lu par l’auteur

Je fis la connaissance de Manuel Joseph en 1999 lors d’une soirée mondaine et devins jusqu’en 2003 son traducteur du Français vers l’Anglais essentiellement pour des textes intégrés dans les deux langues dans des installations de l’artiste suisse Thomas Hirschhorn qu’on retrouvera dans une interview filmée parmi d’autres :

Je fus ainsi de quelques aventures hirschhorniennes comme The Mirror’s Edge, Umeå, Suède, 1999,  le Duchamp Monument, Prix Marcel Duchamp, Beaubourg, Paris 2002 ou le De la Sculpture considérée comme une Tauromachie, Documenta 11, Kassel (Allemagne) 2002.

En 2001, Manuel Joseph proposait à l’éditeur Laurent Cauet, des Éditions Al Dante, la publication d’un livre bilingue d’origine, voire trilingue au sens où le média photographique accompagnait les deux textes entremêlés. Cela devait donner le livre “Ça m’a même pas fait mal” avec des photographies de Jean-Luc Moulène, projet pour lequel tant d’anecdotes seraient à raconter. Les textes de Manuel Joseph reposaient sur des processus d’épuisement textuel : épuisement sémantique, épuisement du livre, épuisement du lecteur.

Couv Manuel Joseph001

Couverture du livre “Ça m’a même pas fait mal, 2001
(source : Cyrille Clément)

C’est à force de travailler comme traducteur de Manuel que me vint l’idée et surtout la compétence acquise de le pasticher. Et cette idée, loin de l’agacer, lui plut. D’où la commande qu’il me fit de compléter une série de 1024 débuts “à la Manuel Joseph”, le manuel du Joseph qui n’en est pas un.

Destiné aux éditeurs habituels de Manuel, le texte final, mis en page par mon amie Marie Varichon, et de ce fait prêt pour publication, fut soumis à Paul Ochakovski Laurens (P.O.L.) et refusé par lui pour raison d’infidélité éditoriale de Manuel Joseph. Il fut ensuite soumis à Laurent Cauet des Editions Al Dante qui le refusa aussi comme canular. Commandé par le poète lui-même pour qu’on parle de lui, ce texte bizarre, cautionné par la victime même du canular, ne fut donc finalement jamais publié.

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