Hommage à Nathalie Pasternak dite “Natalka”


L’annonce du décès de Nathalie Pasternak, le lundi 4 janvier 2016 en soirée, a profondément ému nombre de membres de la communauté ukrainienne vivant en France, diaspora, nouveaux arrivants et autres cas, y compris les amis de cette communauté, gens sans origine ukrainienne mais qui ont sympathisé avec un peuple, ses traditions, ses rituels, ses défauts et ses qualités.

Je suis de ces gens qui ont croisé l’Ukraine un jour dans leur vie et qui en ont gardé une émotion poignante et indélébile. Alors, entre les années 1990 et 2015, il fallait nécessairement, à un moment ou à un autre, croiser le chemin de Nathalie Pasternak, la Présidente, jusqu’en décembre 2014, du Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne en France. Pour ma part, je l’ai mieux connue à partir de 2011 quand j’ai rejoint l’Association Française d’Études Ukrainiennes dont la présidence est assurée par Philippe de Surremain. Un soir de novembre 2012, à sa grande surprise, elle s’est rendue compte que nous avions, en la personne de Taras Marusyk, un ami commun.

Nathalie Pasternak anime la manifestation du 8 décembre 2013 de l’Euromaidan Paris sur la Place Stravinsky (source : By Cyrille P. Clement (Own work) [CC BY 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0)%5D, via Wikimedia Commons)

Je ne vais pas ici retracer sa carrière ni sa vie entière, juste évoquer et illustrer quelques traits de sa personnalité ou du moins ce que j’en ai connu.

À la fois femme de médias et personne abordable, une battante inlassable qui forçait à prendre position, une passionnée, une personne de tempérament, qui a animé et impulsé avec tant d’ardeur le mouvement de l’Euromaidan à Paris il y a à peine 2 ans alors que sa condition lui aurait plutôt prescrit de rester en retrait, une animatrice de groupe survoltée et inventive, elle est vraiment allée au bout d’elle-même pour la cause qu’elle soutenait, car elle se savait dans une situation que beaucoup de gens traversent de nos jours avec effroi. Mais, quand l’Euromaidan a pris forme à l’automne 2013, elle est montée au créneau de suite, dès le premier jour, sans hésiter, et a mené son groupe avec une énergie de tous les instants tout au long de la période qui a tout de même duré plusieurs mois, jusqu’au printemps 2014, avant qu’une nouvelle évolution donne lieu à la tragédie de la guerre à l’Est du pays.

Je l’ai vue dans beaucoup de situations, tendues ou détendues, et elle était toujours active, comme encore plus pressée d’en faire plus, d’en savoir plus, d’en vivre plus. Comme beaucoup, je garderai en mémoire ces formules-images qu’elles savaient jouer, comme ce dimanche froid et sombre de janvier 2014 quand, sur la Place Saint-Michel, elle a mené le groupe avec un casque de chantier avant d’ôter ce couvre-chef pour signifier au public le danger que couraient les manifestants à Kyiv et ailleurs en Ukraine, alors que ceux qui étaient à Paris et dans d’autres pays occidentaux ne risquaient (alors) aucune menace directe.

Nathalie Pasternak, le 12 janvier 2014, retire un casque pour illustrer le danger couru par les manifestants à Kyiv (source : Cyrille Clément)

Parmi les moments qu’elle a vraiment goûtés, au-delà des nombreuses obligations de la vie publique, je citerai cette rencontre un peu folle avec la chanteuse ukrainienne Ruslana, au mois d’avril 2014 sur le parvis de l’Opéra de Garnier, où les deux femmes se sont fait une salutation tout à fait improvisée.

Nathalie Pasternak et Ruslana (source : Cyrille Clément)

Un vibrant hommage sous la forme d’un office religieux de rite Gréco-Catholique ukrainien lui a été rendu le lundi 11 janvier en la Cathédrale Saint-Volodymyr-le-Grand au 49-51 rue des Saints-Pères en présence de S.E.M. Oleh Shamshour, Ambassadeur d’Ukraine en France, selon sa volonté.

Monseigneur Borys Gudzyak, Évêque Gréco-Catholique de Sentis, pour la France, la Suisse et le Bénélux, officie en la Cathédrale Saint-Volodymyr le Grand
(source : Cyrille Clément)

L’inhumation du corps a eu lieu au Cimetière Montmartre au 20 avenue Rachel dans le 18ème arrondissement, à la tombée de la nuit, dans une ambiance de profond recueillement (voir les photos).

Inhumation au Cimetière Montmartre
(source : Cyrille Clément)

S’en est suivi une petite réunion privée au cours de laquelle toute l’affection des plus proches a pu s’exprimer envers son mari Jean-Pierre à travers des chants traditionnels de deuil et des témoignages de communion émotionnelle très touchants.

Vous pouvez consulter l’avis de décès rédigé par Galia Ackerman et paru dans les colonnes de Libération et le communiqué de presse publié par le CRCUF sur son site.

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